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entend
apporter une solution radicalement nouvelle. Nous nous sommes attaché
les compétences d'une ingénieure acousticienne, Véronique Adam, de
l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, et nous avons décidé de
reprendre le problème à l'envers. C'est-à-dire de considérer en premier
lieu la pièce d'écoute, puis d'y intégrer parfaitement, au sens
acoustique et électronique du terme, le système de reproduction sonore.
H.F.
: Donc vous nous refaites bien le coup des micros de mesure, des
égaliseurs et des lignes à retard. Ou le retour des enceintes asservies
! ?
M.R. : Pas
du tout ! Certes, il y a bien un principe d'asservissement, mais
totalement nouveau. Car ce système ne nécessite aucune mesure
ponctuelle, ni d'ailleurs aucun microphone. Il est basé sur un logiciel
de modélisation mathématique de la pièce appelé Proteus. Nous créons le
modèle acoustique d'une pièce, reprenant donc toutes ses
caractéristiques purement acoustiques. Cette modélisation est ensuite
capable de faire, pour tous les haut-parleurs placés tout autour de la
pièce, une addition ou une soustraction sur chacun des signaux en
amplitude, en phase, et en temps. Ainsi, la somme finale, à l'endroit
de l'écoute, est neutre sur tous les paramètres. Dit comme cela, c'est
tout bête. A ma connaissance, personne n'a encore tenté d'effectuer
cette modélisation mathématique d'une salle, ne concernant que sa «
personnalité » sur un plan purement acoustique. C'est évidemment très
compliqué à faire.
H.F.
: Mais il faut bien s'appuyer sur des éléments tangibles ?
M.R. :
Oui,
mais ils restent fondamentaux et simples : les dimensions physiques de
la pièce, la nature acoustique des matériaux qui recouvrent les murs,
le nombre et la taille des ouvrants ; et aussi, bien sûr, les meubles
présents dans celle-ci et leur
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nature
plus ou moins amortissante ou au contraire réfléchissante. Ce qui est
nouveau, c'est que tout d'abord le logiciel donne le nombre et
l'emplacement optimaux des différents haut-parleurs. Ce qu'il fait,
ensuite, c'est simultanément une correction en fréquence, en amplitude
et en phase temporelle de chacun de ces haut-parleurs, qui doit donc
bénéficier de son propre circuit de correction et de son propre
amplificateur. Mais à aucun moment on ne mesure quoi que ce soit avec
un microphone, après coup, si j'ose dire. Car c'est ainsi qu'on
introduit des remèdes finalement pires que les maux.
H.F.
: Cela sous-entend donc une intégration totale, avec des modifications
de la salle d'écoute ?
M.R. : En
ce qui concerne l'intégration, considérée pièce par pièce, la réponse
est oui. Par contre, il n'est absolument pas nécessaire de changer quoi
ce soit à son ameublement ou à sa disposition d'origine, qui est prise
en compte par le modèle. On peut rendre l'ensemble du système
totalement invisible. Mais pour ceux qui le souhaitent, rien n'interdit
de laisser les maillons et les enceintes/haut-parleurs visibles, comme
partie intégrante volontaire des meubles !
H.F.
Mais tout cela coûte forcément très cher?
M.R. : Pour
l'instant, dans la mesure où nous avons traité des pièces de grandes
dimensions, parallèlement à leur décoration intégrale et avec des
systèmes audio/vidéo complets, oui, l'investissement est élevé. Mais
cette technique présente des avantages indéniables. Premièrement, fini
les « accessoires » coûteux et compliqués à choisir- câbles, etc. :
tous ces éléments sont pris en considération dans le traitement
acoustique, et semblent n'avoir jamais été que des cautères sur des
jambes de bois. Mieux encore, le traitement s'avère efficace sur des
haut-parleurs de qualité tout
à fait
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